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photo ©ivanez 2003
Durant les années 1960, au lendemain des indépendances, l’Afrique avait connu deux grands événements culturels à l’échelle continentale : le Festival mondial des arts nègres (Fesman), à Dakar, en 1966 puis en 1977, et le Festival panafricain de la culture (Panaf), à Alger, en 1969. Ce dernier est, depuis, entré dans l’imaginaire collectif comme symbolisant le mieux la période où Alger était La Mecque des révolutionnaires et des mouvements de libération…
En 2007, quatre décennies plus tard, les ministres de la Culture de l’Union africaine, réunis à Nairobi, ont décidé de faire renaître ces deux manifestations. La capitale sénégalaise accueillera, en décembre prochain, la troisième édition du Fesman. Quant à Alger, elle abritera, du 5 au 20 juillet, quarante ans jour pour jour après la première édition, le Panaf. Un vrai défi.
En 1969, Alger fait découvrir au monde entier une Zouloue encore peu connue, Miriam Makeba. Nina Simone (la diaspora était largement présente) interprète, pour la première fois, « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. Manu Dibango tombe amoureux d’une station balnéaire algéroise, qui lui inspirera « Night in Zeralda ». Et, enfin, le saxophoniste américain Archie Shepp fait un bœuf avec une troupe touarègue sur le parvis de la célèbre mosquée de Ketchaoua, au pied de la mythique Casbah. Les autres invités se prénomment Amílcar Cabral, Agostinho Neto, Roberto Holden, Sembène Ousmane, Cheikh Anta Diop, Amadou Hampâté Bâ ou Joseph Ki-Zerbo. Autant de personnalités qui incarnent à la fois le combat libérateur, la mémoire et les pulsions du continent. Bref, une programmation ambitieuse et une première édition époustouflante.
En haut lieu, au palais d’El-Mouradia, il n’est pas question que la seconde édition soit moins flamboyante que la première. Dilemme : comment recréer le contexte de mobilisation autour de l’émancipation du continent près d’un demi-siècle après les indépendances ? Pour Khalida Toumi, ministre algérienne de la Culture, l’équation est simple : « En 1969, Alger avait célébré la fin de la nuit coloniale. En 2009, elle célébrera la renaissance de la culture du continent. Algeria is back ! Africa is back, too ! »
Pour réussir son rendez-vous continental, l’Algérie a débloqué un budget de plus de 55 millions d’euros, dont une quarantaine pour la réalisation du village des artistes à Zeralda – sans doute en souvenir de la participation de Manu Dibango de 1969 – d’une capacité d’hébergement de 2 500 personnes. Insuffisant, puisque sont attendus 8 000 participants originaires de 44 pays d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et des États-Unis. La réalisation d’une nouvelle cité universitaire à Ouled Fayet, banlieue sud-ouest d’Alger, arrive à point nommé et devrait combler les déficits. Les grands palaces de la capitale seront également sollicités pour accueillir quelques chefs d’État. Quant au « roi des rois traditionnels d’Afrique » et président en exercice de l’Union africaine, Mouammar Kaddafi, on ignore encore où sera dressée sa tente de Bédouin et où broutera la chamelle dont il ne se sépare jamais.
Durant ces deux semaines de festivités et après une cérémonie d’ouverture que l’on annonce grandiose, sous la direction du chorégraphe algérien Kamel Ouali, et une parade populaire dans les rues d’Alger pour les 8 000 festivaliers, l’Algérie vibrera aux sons africains. Outre le volet musical avec plusieurs concerts par jour donnés par des vedettes du continent et de sa diaspora (on évoque, entre autres, le Malien Salif Keita, les Antillais de Kassav’, Khaled…), sont également prévus l’exposition de dix-huit chefs-d’œuvre du patrimoine immatériel africain et un hommage aux grands noms du théâtre subsaharien avec vingt-sept spectacles dont douze pièces algériennes créées pour l’occasion.
Côté cinéma, et en sus de la projection sur tout le territoire algérien, à travers le ciné-bus, de l’ensemble des films primés à Carthage (Tanit d’or) ou par le Fespaco (Étalon de Yennenga), le Panaf permettra également la production de quatre documentaires dédiés à la renaissance africaine. Les organisateurs ont également sollicité douze cinéastes africains pour la réalisation d’autant de courts-métrages. Littérature et bande dessinée seront également célébrées. Le Panaf éditera plus de deux cents titres, dont quelques rééditions de grands classiques africains et caribéens. Sans oublier de nombreux colloques et conférences ainsi qu’un hommage spécial à Frantz Fanon et Aimé Césaire. Créateurs et stylistes africains seront également de la partie : plusieurs défilés de mode sont programmés durant la quinzaine.
Pour l’heure, la liste des participants n’est pas encore arrêtée. La programmation musicale étant en cours de négociations avec de grandes vedettes. Laissons divaguer les fantasmes des nostalgiques du Panaf et rêvons d’un duo entre l’Américain B.B. King et le Malien Vieux Farka Touré ou d’un concert de Sékouba Bambino porté par les musiciens cubains et septuagénaires du Buena Vista Social Club. Imaginons encore une nouvelle rencontre d’Archie Shepp avec les rockers touaregs de Tinariwen. Vivement le 5 juillet…
Photo ©ivanez 2009
La Sebiba, c’est la fête. Une fête chaque année recommencée. La « sebba », c’est le motif, la raison, le prétexte.
Il n’y a pas de guerre sans motif. Et ce motif est si nécessaire, parce qu’il valide la démarche guerrière et qu’il permet de haranguer le guerrier, que le mot « sebba » est devenu synonyme de guerre.
Blad esseba, c’est le territoire de la guerre, le lieu de la suprême incertitude où l’on s’expose à la mort, la contrée où il ne fait pas bon de vagabonder.
Mais peut-on être assez insensé pour célébrer la guerre par la fête ? Celle-ci n’est-elle pas que deuils et tourments, affrontements sanglants, épreuves et douleurs ? C’est que, la célébrant, on ne célèbre point la guerre elle-même en réalité cela a pu avoir lieu en des temps bien lointains ; ce qu’on célèbre, c’est sa fin. Sa fin définitive, sa mort.
Cela se passe le jour de âachoura, fête dont le nom est dérivé du mot signifiant « 10 » en arabe, et qui survient le dixième jour du mois de muharam, premier mois de l’année musulmane. Cela se passe dans la convergence de la parole et du geste qui élargissent, au fur et à mesure de son déroulement, la signification.
Parce que cette fête est là pour signifier ; il faut rappeler et redire, pour les rendre plus certaines, les vérités premières qui sont les vérités de tous.
Cela se passe pour souscrire auprès du ciel et de la terre, amis, une assurance contre la tentation de la guerre comme on souscrit, ailleurs, une assurance contre le vol ou contre l’incendie.
On y simule le combat, de crainte d’avoir un jour à le livrer encore ; on y danse l’épée à la main et le corps à l’assaut du ciel.
Et les femmes, se souvenant des chansons vives de la guerre, galvanisent des guerriers qui ne le sont plus que par leur spectaculaire vêture où le cuir façonné, le métal ferme et le tissu léger se rassemblent, et par les mains actives qui ne se taisent pas plus que ne se taisent les lèvres coloriées ; les mains qui claquent sont encouragement.
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Publié à 13:23, le 31/01/2009, Djanet Mots clefs : tassili, sebiba, touareg, ivanez, jnoun
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Publié à 10:07, le 13/01/2008, Marseille Mots clefs : l'orient, porte, baldi, machine, sex, de
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Publié à 04:25, le 8/05/2007, Nouakchott Mots clefs : renault12
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Publié à 09:47, le 23/01/2007, Stone Town Mots clefs :
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